L'APPARITION DU LOUP DANS LE PARC DU MERCANTOUR
Sommaire
Chapitre 1 En France, un retour naturel
Chapitre 2 La polémique bergers-protecteurs
du loup
Chapitre 3 Quel avenir pour le loup?
Des rondes qui font peur au Petit Chaperon rouge, dès notre enfance
le loup est présent. On en parle, on le voit dans des reportages
télévisés, sur les photos magnifiques de nombreux
livres, mais il est loin, bien loin en Alaska, au Canada, en Russie...
Le loup avait disparu de France depuis 60 ans, éradiqué
comme dans la plupart des pays d'Europe par la lutte sans merci qu'a menée
l'homme au début du siècle contre tous les grands carnivores.
Et puis un jour dans le parc national du Mercantour...
Créé en 1979, le Mercantour est l'un des sept parcs nationaux
de France avec la Vanoise, Port-Cros, les Pyrénées, les Cévennes,
les Ecrins et la Guadeloupe. Il est jumelé depuis 1987 avec le parc
national de l'Argentera, qui le prolonge au delà de la frontière
italienne; L'Argentera était depuis longtemps déjà
une réserve royale de chasse, donc une zone plutôt préservée.
Situation géographique du Parc National du Mercantour
I/En France, un retour naturel
-
La disparition du loup en France
En France, pendant des siècles, mais surtout à partir du
19è, le loup a été intensément chassé,
empoisonné et piégé. Au 18è, il était
présent sur 90% du territoire français. Un siècle
plus tard, il n'occupait plus que 50% de ce territoire, dont seulement
10% par des populations stables. La réduction de l'aire de répartition
du Loup et la diminution de ses populations se sont ensuite très
fortement accentuées pour aboutir à la disparition de l'espèce
dans la première moitié du 20è siècle. Le loup
est présumé s'être éteint en France en tant
qu'espèce à population reproductrice identifiée entre
1930 et 1939.
Si vous voulez voir des photos de loups, cliquez sur les traces
de pattes!
Le 5 Novembre 1992, lors d'un comptage de chamois, mouflons et bouquetins
dans le parc du Mercantour, des gardes moniteurs et un garde de l'Office
National des Forêts aperçoivent aux jumelles deux silhouettes
en tout point semblables à des loups qui se détachent sur
la neige. L'information nécessitait cependant d'être confirmée
avant d'être annoncée officiellement. Au cours de l'hiver
92_93, la récolte d'excréments contenant des poils et des
esquilles d'os a révélé la présence permanente
de ces canidés sur le terrain. Durant la même période,
la découverte de plusieurs carcasses de chamois et mouflons a montré
qu'ils étaient à même de chasser et de consommer entièrement
des proies sauvages. Toutes ces observations permirent de rejeter l'hypothèse
de chiens errants ou de loups nés en captivité et relâchés
clandestinement qui auraient eu de la difficulté à survivre
à l'hiver en dépendant essentiellement de la capture d'ongulés
sauvages.
Toutefois, devant les rumeurs de réintroduction du loup, une
enquête génétique a été ouverte. Si cela
a été gardé bien à l'abri des oreilles indiscrètes,
c'est qu'un éventuel retour du loup en France n'allait pas sans
poser de nombreux problèmes.
Le 5 Novembre 1992, lors d'un comptage de chamois, mouflons et bouquetins
dans le parc du Mercantour, des gardes moniteurs et un garde de l'Office
National des Forêts aperçoivent aux jumelles deux silhouettes
en tout point semblables à des loups qui se détachent sur
la neige. L'information nécessitait cependant d'être confirmée
avant d'être annoncée officiellement. Au cours de l'hiver
92_93, la récolte d'excréments contenant des poils et des
esquilles d'os a révélé la présence permanente
de ces canidés sur le terrain. Durant la même période,
la découverte de plusieurs carcasses de chamois et mouflons a montré
qu'ils étaient à même de chasser et de consommer entièrement
des proies sauvages. Toutes ces observations permirent de rejeter l'hypothèse
de chiens errants ou de loups nés en captivité et relâchés
clandestinement qui auraient eu de la difficulté à survivre
à l'hiver en dépendant essentiellement de la capture d'ongulés
sauvages.
Toutefois, devant les rumeurs de réintroduction du loup, une
enquête génétique a été ouverte. Si cela
a été gardé bien à l'abri des oreilles indiscrètes,
c'est qu'un éventuel retour du loup en France n'allait pas sans
poser de nombreux problèmes.
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Tout d'abord d'ordre économique car certains bergers voient plus
ou moins d'un mauvais oeil le retour d'un animal que sa réputation
précède largement. Cette réputation nous renvoit né
céssairement
vers cette "peur du loup" qui reste profondément ancrée dans
nos mentalités. Si l'on comprend pourquoi cette peur, il est posible
de juguler tous ces préjugés qui ont déjà faits
tant de dégats dans le passé.
Les loups qui sont arrivés en France n'ont pas été
réintroduits. Ils sont venus naturellement d'Italie où ils
ont toujours été présents et où ils sont protégés
depuis 1976. Les loups remontent du centre de l'Italie vers le nord (Gênes
en 1985) et descendent vers le sud en suivant les montagnes sauvages des
Apennins. La répartition actuelle s'étend de la frontière
franco-italienne jusqu'à la calabre dans le sud de l'Italie. Ils
ont franchi nos frontières pour arriver dans un territoire jouxtant
les massifs italiens: le Mercantour. La nature préservée,
les ressources importantes en ongulés sauvages et la tranquillité
de la montagne ont sans doute favorisé le retour naturel du loup.
Le loup s'adapte à presque tous les milieux, pour peu qu'il
y trouve nourriture et tranquillité. Il est toujours présent
en faible densité. Dans le Mercantour, leur territoire actuel s'étage
de 1000 à 2200 m d'altitude.
Le fait que certains loups, une fois adultes, se déplacent pour
coloniser de nouveaux territoires explique la progression des loups italiens
vers le nord et le sud de l'Italie et en France. C'est aussi pourquoi il
est probable que les loups présents dans le Mercantour recolonisent
une partie de l'arc alpin au cours des années à venir et
se dirigent vers la Suisse.
II/La polémique bergers-protecteurs du loup
Le retour du loup enflamme les passions
Malgré la présence de grands herbivores sauvages tels
que le chamois ou le mouflon, les loups attaquent aussi les troupeaux domestiques.
C'est pourquoi le retour de cet animal pose de nombreux problèmes
dans l'arrière pays niçois, où l'élevage de
troupeaux tient une place importante.
Le maintien de la profession d'éleveur est indispensable car
elle fait vivre de nombreuses familles. De plus, les activités agricoles
et pastorales contribuent à l'entretien des paysages et au maintien
de la diversité de la nature. Conscient de cette situation, l'Etat
a pris des mesures pour limiter l'impact des attaques de ce prédateur:
-d'une part, les bergers reçoivent une somme d'argent en compensation
des bêtes tuées par le loup;
-d'autre part, des moyens de prévention sont proposés
pour faciliter le gardiennage des troupeaux: cabanes, abreuvoirs, parcs,
clôtures, chiens de protection...
Mais il faut savoir qu'en France, les chiens errats tuent chaque année
plusieurs dizaines de milliers de moutons. C'est de loin la première
cause de mortalité dans les troupeaux.
La protection actuelle du loup
Victime autrefois de la peur ou de l'ignorance des hommes, il est aujourd'hui
protégé par des lois nationales et internationales. Le 19
septembre 1979, la convention de Berne déclare le loup espèce
strictement protégée. La France ratifie ce texte le 31
décembre 1989 puis renouvelle sa position dans l'arrêté
du 22 juillet 1993. Conformément à ces lois, il est absolument
interdit de tuer, mutiler ou capturer un loup. quiconque ne respecte pas
cette loi doit payer jusqu'à 60000f d'amende et risque des sanctions
pénales allant jusqu'à l'incarcération.
III/Quel avenir pour le loup?
Le Loup est actuellement très vulnérable. Son retour allant
dans le sens d'un enrichissement des grands équilibres naturels,
il est souhaitable qu'il puisse tout simplement reprendre sa place. Des
associations crées par des fervents protecteurs du loup se développent
et tentent d'intéresser de plus en plus de personnes au sort du
loup. Si vous êtes de ces dernières, n'hésitez
pas à contacter le Groupe
Loup France, fervent défenseur de la cause des loups.
D'autre part, le loup possède un eujeu touristique et économique: "
Pour les Hautes-Alpes, les alpes vraies, le loup peut, et doit constituer
un label fabuleux. Quelle plus belle preuve de nature à l'état pure que
le retour de cet animal sauvage?" déclare des associations qui entendent
désormais développer la promotion du "produit" loup dans le département.
Ainsi fromages de brebis, viande de mouton et autres produits issus des
régions à loups pourraient être valorisés.
Finalement, le retour du loup doit être envisagé par les services
de l'état dans les régions concernées de façon à concilier les activités
humaines et la protection du loup.
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BENSA Fanny
20/11/98
Outil de réalisation: Bloc notes
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