Agriculture et Alimentation
en Egypte pharaonnique


L'Egypte est cycliquement un phénomène de mode. Depuis l'antiquité, d'innombrales voyageurs l'ont vantée, et se sont interrogés sur ses mystères. Souvent une partie de son histoire s'est retrouvée sous le feu des projecteurs. Le plus bel exemple de cet intérêt est l'engouement qu'a succité, au début de ce siècle, la découverte de la tombe deToutankhamon. Pourtant, malgrès tout le tapage fait autours de cette civilisation, nous connaissons en général mieu les croyances et les pratiques funéraires des égyptiens que leur vie quotidienne... Cette civilisation a pourtant contribué, indirectement il est vrai, à constituer notre société. Il est donc intéressant de se pencher sur la vie quotidienne égyptienne..et quoi de plus quotidien que la nourriture et la façon dont on l'obtient?


Sommaire

  1. Le Nil, source de vie et de prospérité
  2. Les richesses offertes par la nature
  3. Les richesses dûe au travail des hommes
  4. De bons vivants...
  • Sources d'information
  • Bibliographie

  • I-Le Nil, source de vie et de prospérité

    1. Ce qui fit du Nil un dieu...
    2. "L'Egypte est un don du Nil": Hérodote ne s'y était pas trompé: c'est une oasis de 2000 km de long, dont toutes les récoltes sont basées sur le rythme des crues du Nil.
      Sans elles, pas de prospérité possible en Egypte. En effet, il ne pleut presque jamais dans la
      vallée du Nil (précipitations de l'ordre de 100 à 200 mm d'eau par an ), et lorsqu'il pleut, c'est principalement dans le delta. Le Nil a compensé ce manque: il présente en effet un rythme de crues très particulier:à l'inverse des autres fleuves du bassin méditerranéen, sa crue commence en été. Il est alimenté d'abord par la fonte des neiges d'Ethiopie (Nil Bleu) puis par les pluies tropicales (Nil Blanc). Sa période d'étiage se situe donc au printemps, et sa crue atteind son paroxisme à l'equinoxe d'automne. Celà provoque un décalage dans le cycle végétatif de nombreuses plantes (floraison en hiver).

    3. Comment ils joingnirent le presque Eden...
    4. On pense que c'est la désertification de plus en plus poussée du nord de l'Afrique qui, il y a 7000 ans, a poussé les peuples nomades de cette région à venir s'implanter dans la vallée du Nil. Du fait de la forte densité engendrée par cette "migration", ces populations sont devenues sédentaires, et ont alors dévellopé les techniques liées à cette sédentarité: l'agriculture et l'élevage.
      Les égyptiens avaient conscience de leur dépendance envers le fleuve et associaient le Nil à une divinité très puissante: Hâpi. Ils l'imploraient pour avoir une crue abondante mais pas trops...
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    II-Les richesses offertes par la nature

    Ce climat exceptionnel a engendré une profusion de ressources alimentaires. Ainsi, le pays regorgeait de plantes et d'animaux, il n'y avait qu'a se donner la peine pour se nourrir.

    1. Les arbres fruitiers
    2. palmier dattier
      Les arbres fruitiers étaient présents dans tout le pays, y compris dans les oasis.
      Il s'agissait surtout du palmier dattier mais aussi du palmier doum (voisin), du sycomore (qui donne des dattes), du figuier, du balanite, du jujubier, du caroubier et du grenadier. Ils étaient cultivés dans les jardins aisés, et recherchés pour leur double rôle: nourrir et donner de l'ombre. Leur entretient necessitait, pour conserver des fruit, à les défendre des oiseaux. Certains arbres, dont le moringa, étaient cultivés en vue de donner de l'huile.
      palmier dattier
      ( XVIIIe dynastie)

    3. Les animaux sauvages: la chasse
      1. dans le désert
      2. Les Egyptiens allaient chasser le petit bétail de la "terre rouge" (le désert): l'oryx, la gazelle et l'antiloppe, ainsi que l'autruche. Cette chasse avait parfois pour les égyptiens un but religieu: ils pensaient qu'un animal sauvage était une meilleure offrande aux dieux qu'un animal élevé en captivité. Cette chasse était soit un passe-temps pour les princes, soit un métier. Pour ne pas riquer de laisser échapper des proie, on les attirait dans un terrains préparé (vallée encaissée fermée par des palissades). Le seigneur allait en char.

      3. dans les marais
      4. Dans le delta, la chasse constituait pour tous une des sources principales de subsistance. Non sans risques (l'hippopotame et le crocodile veillaient au grain...), on chassait nombre de volatiles: des canards (sarcelles, souchetss, chipeaux), des hérons...ainsi que des cailles, que l'on capturait au filet pendant leur migration.

    4. La Pêche
    5. scène de pêche sur le Nil

      Il existait plusieurs manières de pêcher:


      Le poisson représente un point épineux: dans les scènes funéraires, le mort n'en mange jamais. Il était interdit, dans certaines villes, de manger tel ou tel poisson. Pourtant, il semble que sa consommation aie été courante. Les habitants du Delta étaient des pêcheurs professionnels. De plus d'énormes quantité de poisson étaient offertes aux temples. Les espèces représentées sont extrèmement nombreuses, et vont des muges, aux latès, en passant par des clarias.
      Les poissons se consommaient soit séchés au soleil et crus, soit dans la saumure, parfois rôtis ou bouillis.

    6. Les 'fruits du désert'
    7. Les aliments étaient sucrés avec du miel ou des graines de caroubes. On allait chercher ce miel loin dans le désert, souvent sous la protction de soldats. Il y avait aussi des ruches dans les jardins.
      Les oeufs d'autruches était un aliment apprécié par les plus riches.

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    III- Les richesse dues à l'exploitation du pays par l'homme

    1. L'élevage
    2. Les animaux étaient domestiqués à des fins différentes selon les espèces. Pour le transport, le boeuf et l'âne. le cheval, en effet, n'a été connu que tardivement, lors de l'invasion du pays par les Hyksos.

      De nombreux animaux étaient capturées à la chasse et élevés dans des parcs: gazelles, oryx, bubale, adax....

      Le boeuf était le plus gros fournisseur de viande, et ce malgrès l'association de cet animal à de nombreuses divinités (les dieux à forme animale étaient légion). Il servait également pour les récoltes (labours).

      On élevait aussi des moutons, des chèvres et des porcs.

      La méthode d'abattage des animaux était très règlementée, chapeautée par le clergé. On n'abattait un boeuf que lors de grandes occasion, lorsqu'on savait que sa viande serait vite écoulée.

      Le lait était considéré comme une friandise. Il est probable qu'on ai fabriqué des produits dérivés du lait: crème, beurre, fromage.

      Les volailles constituaient une grande part du cheptel. Les poules n'étaient pas connues, mais on élevait des oies, des canards, des pigeons... Certaines espèces étaient élevée comme pondeuses.

    3. Les cultures
    4. La vie était rythmée par les crues du Ni. Une administration complexe se chargeait de planifier l'agriculture:

      on cultivait de nombreuses espèces à but alimentaire et/ou ornemental, et chaque Egyptien voulait avoir son propre jardin pour lui faire produire des légumes et des fruits.

      1. les céréales
      2. On cultivait le blé amidonnier, l'orge, le millet, le sorgho, l'avoine...
        Le rythme agricole, en relation avec le rythme de crue du Nil était à la base du calendrier égyptien. Ils divisaient l'année en trois saisons, de 4 mois chacune:

        L'année commençait lorsque l'étoile Sirius (Sôpdit, assimilée aux larmes d'Isis) réapparaissait à l'horizon, le 15 juin de notre calendrier actuel. Celà annonçait le début des crues.

        Les paysans étaient principalement des laboureurs.
        Ils n'avaient pas grand chose à faire pendant les quatre mois de l'inondation, mais dès que le Nil était retiré, ils semaient puis, pour recouvrir les semences, labouraient la terre meuble à l'aide d'une charrue rudimentaire, tirée par des vaches (jamais de boeufs). On pouvait aussi, pour recouvrir les semences, utiliser une sorte de pioche, ou faire passer du bétail (moutons surtout).
        Pour que les plantes poussent, on irriguait les champs, à l'aide de shadoufs. Les épis murs étaient moissonnés à l'aide d'une faucille à manche court. On tranchait les pieds de blé juste au dessous des épis, ce qui laissait au sol de longues tiges décapitées. Les épis étaient transportés à dos d'homme ou d'âne jusqu'à de grandes aires où on les jettait au sol. Des boeufs étaient amenés, qui marchaient dessus, ce qui séparait les grains de la paille. Puis on balayait, pour enlever la paille. On séparait ensuite la balle du grain en envoyant les grains en l'air; la balle, plus légère est alors emportée par le vent.
        Le grain était alors entreposé dans des greniers, mis sous la protection de la déesse Renouet.
        De nombreuses offrandes étaient faites pour remercier les dieux de la récolte.

      3. les légumes
      4. Le jardin potager était divisé en petits carrés par des rigoles qui se coupaient à angle droit. L'arrosage se fesait dans ces rigoles.
        On cultivait principalement des oignons, des poireaux, de l'ail (khizan), des radis... mais aussi des concombres, des pastèques ou des melons. les pois, fèves et pois chiches se mangeaient avec plus de parcimonie en fonction des endroits: il pouvaient être interdits temporairement (pour une fête religieuse) ou totalement. Les laitues étaient cultivées près des maisons et arrosées abondemment. C'était la plante du dieu Min.

      5. les plantes aromatiques
      6. Cultivées dans les jardins, elles étaient nombreuses: genièvre, coriandre, fenugrec, sésame, nigelle (cumin noir), sariette....

      7. la vigne
      8. Presque tous les vignobles se trouvaient dans le Delta, plutot de sa région orientale. Il y avait aussi des vignobles dans les oasis. Pourtant tout jardin contenai au moins quelques pieds de vigne, en général sous forme de voutes (vigne grimpante).
        On ne sais pas très bien comment était cultivée la vigne, mais en revanche la récolte et connue dans les détails.

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    IV- De bon vivants...

    Les egyptiens aimaient manger: la nourriture constituait une très grande partie des offrandes aux dieux.

    offrandes de nourriture: pastèques, pains, poireaux, volailles, cuisses de gazelle ...arrosés d'huile précieuse
    en bas: scène de dépeçage d'un boeuf

    Ils paraient aux années de mauvaises récoltes en constituant des réserves, de façon centralisée: c'est le gouvernement qui en était chargé.Bien sûr, il y eu des périodes où ce n'était pas possible, lors des périodes intermédiaires, par exemple. Mais les egyptiens aimaient à rétablir ce système chaque fois qu'ils le pouvaient. l'importance que les egyptiens donnaient aux problèmes de cadastre est visible au travers de l'imporatnce du nombre de scribes qui étaient chargés de cette tâche;

    La tranformation des aliments

    1. LE PAIN
    2. Il existait de nombreuses sortes de pain. La farine provenait principalement de 3 céréales: l'orge, le blé amidonnier, et le froment, mais aussi de l'épeautre, du sorgho... Il y avait même du pain de lotus. Les gens riches avaient leurs provisions de grains à côté de la maison. Chacun confectionnait (ou fesait confectioner) son pain, avec de la farine moulue le jour même.

      La réduction en farine se fesait en plusieurs étapes:

      On malaxe la pâte dans des jarres de terre On cuisait le pain dans des moules côniques. Ces moules étaient d'abord mis à chauffer, puis on y versait la pâte juste pétrie et mélangée au levain.

    3. LA BIERE
    4. C'était la boisson nationale. On en consommait partout et en toute occasions. Elle était faite avec de l'orge (ou du froment) et des dattes. Pour accélerer la fermentation, on introduisait des fragment de pain tout juste doré, mais pas cuits dans du liquide sucré obtenu avec des dattes. Puis on brassait et filtrait.

    5. LE VIN
    6. Il était prisé par la classe aisée, en raison de sa douceur.
      La presse du raisin se fesait en plusieurs étapes: le vin était foulé au pied dans de grandes cuves. Puis on extrayait le jus restant en mettant le moût de raisin dans un grand sac, maintenu à chaque bout par une perche; on tournait alors chaque perche dans des sens opposés. Il existait aussi des techniques plus élaborés, dérivées du même système.
      La fermentation avait lieu dans des jarres à fond plat.
      Pour le transport, on transvasait ce vin dans des jarres alongées à long col, avec deux anses. Il est probable qu'on est cuit une certaine quantité de vin dans le but de le conserver.
      En plus du jus de la vigne on fabriquait aussi du vin à partir de dattes;

    Les repas

    L'alimentation de base était constituée de pain et de bière.
    Dans les familles assez aisées, il est probable que l'on ai mangé au cours des repas principaux des viandes, de la volaille, des légumes et fruits de saison, des pains et gâteaux, le tout arrosé de bière.
    Lors des banquets, on abattait un boeuf, on préparait daubes, grillades... Des oies étaient rôties à la broche, et on empilait de grandes quantités de fruits et de légumes. On sortait vins et liqueurs. Les réjouissances étaient accompagné par des musiciens et des danseurs.

    Les égyptiens étaient des épicuriens avant l'heures: ils glorifiaient chaque moment de la vie. (Poèmes)

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    Les sources d'information

    Les sources de renseignements, très nombreuses, peuvent se répartir en deux groupes:

    Bibliographie

    *=source de renseignements principale
    +=sources des images

    pour plus de renseignements:un site de bibliographie
    une source inépuisable de renseignements: le site de l'Uqam
    visite du plateau de Ghiseh
    un curisité: l'optalmologie égyptienne

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    page réalisée par Diane-Clarisse d'Amico
    date de publication: 3/12/98
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